la porte des rêves
french
Un gamin aux bras et aux jambes maigres escaladait un monticule de pierres en forme de dôme dont la surface lisse éclaboussée par le soleil lui brûlait les mains et les pieds. L’air chaud et sec lui craquelait les lèvres et les narines, séchait ses larmes avant qu’elles aient pu couler. Il finit par atteindre péniblement le sommet, trouva la dépression en forme de bol dont lui avait parlé son maître et marqua un temps d’arrêt pour contempler le désert d’Akrador.
C’était un pays meurtrier. Des collines basses rongées par le vent étincelaient au soleil comme des ossements blanchâtres ; un désert plat de cailloux de la même couleur cuivrée que le sang coagulé s’étendait à partir de là dans toutes les directions jusqu’à la ligne d’horizon perdue dans la brume de chaleur. La piste des caravanes n’était pas un chemin visible et seules marquaient la route les « sentinelles », ainsi que les marchands nommaient empilements de pierres placés à hauteur d’homme tous les mille pas. Depuis trois jours et trois nuits, ni homme ni bête n’était apparu sur cette piste. Le maître du gamin gisait, à l’agonie, dans une caverne peu profonde creusée par le vent dans la roche blanche de l’une des collines. Son dernier espoir – leur dernier espoir – résidait désormais dans la rudimentaire tentative de l’enfant pour jeter un sort puissant en ce lieu inquiétant, cet endroit où la foudre s’était creusée un nid.
Le gamin ferma les yeux et les sentit palpiter comme il s’isolait du désert meurtrier. Respire profondément, lui avait dit le vieillard. Il faut que tu penses aux mots, à leur poids, à leur force. Il faut que tu voies en esprit ce que tu souhaites. Il faut que tu en appelles à la force que tu trouveras autour de toi et que tu rendes réel ce que tu invoques.
Jamais il n’avait tenté un ouvrage de magie aussi compliqué, mais il percevait le pouvoir dont le vieillard lui avait signalé la présence : il grésillait dans ses cheveux, le long de la peau de ses bras et de ses jambes, une énergie magique latente qui jaillissait de la roche même. Il était de son devoir de maîtriser cette force, pour l’utiliser à ses propres fins, pour obtenir le salut du vieillard et le sien. Il tremblait dans la chaleur.
Alors, l’esprit aussi clair qu’il le pût, il commença à chuchoter le sort dans une monotone suite de paroles rauques, incantation soigneusement ordonnée. Il invoquait simplement un héros possédant le moyen de les sauver de ce désert.
Il sentit le pouvoir monter autour de lui. Dans un instant de vertige, il sentit du sel sur ses lèvres, embruns d’une mer glacée. Il rouvrit les yeux, poussa un cri et tituba.
L’enfant devait être âgé de huit ans.
Celui qui partageait avec lui le sommet de la colline était sans âge.
Le guerrier albinos virevolta. Un instant auparavant, il se tenait seul sur le pont d’un vaisseau qui voguait au cœur d’une mer perdue dans la brume, occupé à méditer sur le destin qui le menait vers une confrontation avec les mystérieux Agak et Gagak. Puis Elric avait failli tomber, car il avait ajusté son équilibre au roulis et au tangage du bateau et ceux-ci avaient cessé dans un grondement de silence et un flamboiement aveuglant de lumière.
Elric haleta dans l’air chaud comme celui d’une fournaise. Sa main se porta instinctivement à la garde de Stormbringer.
Il retrouva son équilibre et se protégea les yeux. Il se tenait au sommet d’une colline rocheuse, au milieu d’un désert, sous un impitoyable ciel de cuivre ; devant lui était agenouillé un gamin basané et rabougri. L’enfant prononça quelques mots dans une langue étrangère.
— Je ne comprends pas, lui dit Elric. (Désorienté, il fronça les sourcils, car, sous sa main, la palpitation de Stormbringer était faible, presque absente.) Qui es-tu, et quel est ce lieu ?
Le garçon répondit dans sa langue inconnue, puis il se redressa péniblement. Il descendit un peu la pente et se retourna en le regardant.
Elric inhala profondément l’air du désert. Il n’avait pas sur lui les drogues qui lui donnaient sa force (elles se trouvaient sous le pont, à bord du vaisseau qui avait disparu) et le chuchotement du sinistre pouvoir de Stormbringer était si ténu, si frêle, qu’il en éprouvait de l’appréhension.
— Tu veux que je te suive, dit-il.
Le gamin remonta péniblement la pente et tendit une main osseuse. Elric la dédaigna. Il eut un geste de la tête.
— Va. Je te suivrai. Inutile de faire plus.
La descente n’était pas difficile, mais l’enfant titubait et trébuchait comme s’il avait de la peine à rester sur ses pieds. Il ne cessait de jeter au guerrier des regards inquiets. Pour sa part, Elric ressentait une fatigue croissante, le poids de la lassitude qui était son lot, et pourtant il n’avait aucune peine à suivre le garçon. Ils parvinrent enfin à un surplomb rocheux, crevasse profonde plongeant dans les ténèbres. Le gamin entra dans la caverne et, les sens en alerte, Elric le suivit.
Non loin de l’entrée de la caverne, un homme était allongé sur le sable jaune et lisse. C’était un vieillard à la barbe grise broussailleuse, et son vêtement était d’un style et d’un tissu bizarres : une robe bouffante verte, sale et déchirée, et une espèce de turban rouge sur la tête. Le vieil homme ouvrit ses yeux enfoncés dans leurs orbites et Elric vit qu’il luttait contre la mort. Le garçon dit quelque chose au vieillard et l’homme s’adressa à Elric, qui secoua la tête.
Avec un froncement de sourcil, l’homme ferma les yeux et parut se perdre dans ses pensées. Puis il reprit la parole. Elric éprouva une étrange sensation, comme si une braise fraîche avait un instant soufflé sur lui.
— Là, fit l’homme. Est-ce mieux ?
— C’est mieux, répondit Elric. Tu as réalisé un enchantement.
— Oui. Un sort très simple pour nous permettre de nous comprendre.
— Tu es donc sorcier ?
— Oui. Je m’appelle Chavrain. Es-tu un héros ?
— Je m’appelle Elric.
Le vieillard poussa un soupir et referma les yeux.
— Je perçois chez toi une étrangeté. Tu n’es pas… humain, n’est-ce pas ?
— Je suis Elric.
Chavrain resta longtemps silencieux. Puis il lâcha un nouveau soupir et parla plus faiblement :
— Tu nous trouves, moi et mon apprenti, dans une situation fort périlleuse. Il y a des semaines, j’ai conclu un accord avec les parents de ce gamin pour le former dans les écoles de sorcellerie de Vanislatch. Il possède les pouvoirs magiques inhérents les plus puissants que j’aie jamais vus chez un enfant, mais ils restent à l’état brut. Nous nous sommes joints à une petite caravane d’épices qui suivait la piste conduisant aux royaumes de Markelan, mais des bandits nous ont attaqués. Les gardes sont morts pour défendre la caravane et les bandits ont tué ou capturé tous les sapades. Les marchands survivants nous ont laissé aller en prenant toute notre nourriture et notre eau. C’est donc ici que tu nous trouves.
— Ici ? demanda Elric.
Un léger sourire joua sur les lèvres gercées du vieux sorcier.
— Ah ! Mon apprenti t’a fait venir d’Ailleurs. Je vois. « Ici », c’est Akrador, le grand désert. Nous sommes peut-être à trois jours de marche des Pierres qui Pleurent et de l’eau ; mais, sans secours, il ne nous reste aucun espoir d’effectuer ce voyage.
Elric pencha la tête comme s’il écoutait, mais ce qu’il entendit était un silence inhabituel.
— S’agit-il là de l’un des plans de la Terre ? demanda-t-il.
— La Terre ? Ce nom ne m’est pas connu.
— Ce monde est en vérité différent de tout ce que j’ai connu. Les forces de la Loi et du Chaos semblent bien lointaines, souvenirs d’un écho.
— Je ne te comprends pas, déclara Chavrain.
— Peu importe. Quelles sont vos ressources ?
Ils ne possédaient pas grand-chose. Le garçon avait écorché et préparé un gigot de sapade, bête de charge à la viande dure, filandreuse et non dépourvue de goût. Quelques jours de viande, deux outres plates et vides, et leurs vêtements constituaient toutes les provisions que tous deux (tous trois, désormais) pouvaient utiliser.
— Depuis combien de temps n’avez-vous pas bu ? demanda Elric.
Le vieillard ferma les yeux et réfléchit.
— Deux jours, et une partie d’un troisième.
Elric s’appuya contre l’un des murs lisses de la caverne. Sa fraîcheur était vraiment incongrue. Il explora ses propres sentiments : il se sentait assez faible, mais pas autant qu’il l’aurait dû en la circonstance. Il fixa la lumière crue du désert et murmura :
— Pourras-tu atteindre ce lieu dont tu as parlé, ces Pierres qui Pleurent ? En as-tu la force ?
Chavrain chuchota ;
— Non. Je serai mort avant cela. Avant le coucher du soleil, sans eau.
— Mais avec de l’eau… ?
— Oui. Avec de l’eau, j’irais un peu mieux. Avec de l’eau, le garçon et moi pourrions survivre.
— As-tu une incantation qui… ?
— Non, Elric. Pas de magie météorologique. Uniquement le pouvoir de retrouver ce qui a été perdu. C’est là tout le savoir que j’ai étudié.
— Le gamin ?
— Hélas, il ne peut jeter que les sortilèges que je forme pour lui. J’ai passé deux jours à formuler la découverte d’un héros. Je mourrai avant d’avoir pu préparer un autre sortilège.
Elric fronça les sourcils.
— J’ignore ce que tu attends de moi, vieil homme.
Chavrain ouvrit les yeux.
— Emmène le garçon vers l’orient. Vous arriverez aux prairies de Markelan, aux communautés sur les rives de la Kothorn. Va voir un membre de ma fraternité et confie-lui l’enfant. Cela accomplira le sortilège et te délivrera de son emprise. Tu pourras rentrer chez toi.
— Non, pas chez moi, fit Elric d’une voix sinistre.
— Alors, à l’endroit d’où tu as été enlevé. Il y a une semaine de marche…
Elric l’interrompit.
— Ceci est impossible.
Chavrain tourna la tête. Le vieux sorcier considéra longuement l’albinos.
— Tu manques de forces, murmura-t-il. Tu ne pourrais pas davantage que moi achever ce voyage.
— En effet.
Le vieillard fronça les sourcils.
— Je ne comprends pas. J’ai formulé soigneusement le sort et j’ai envoyé le garçon en un lieu de pouvoir, le sommet d’une colline affecté par la foudre. L’invocation aurait dû transporter un héros capable de…
Il se tut.
Pendant tout ce temps, le gamin était resté tranquillement tapi dans un recoin de la caverne, ses grands yeux bruns braqués sur la forme de son maître. Il s’avança en rampant et toucha avec hésitation le visage du vieillard. Le sorcier adressa à l’enfant un regard las.
— As-tu prononcé l’incantation exactement comme je te l’avais dit ?
Dans un chuchotement dur, sec et étouffé, le gamin répondit :
— Oui.
— Alors, je ne comprends pas.
Elric les regarda, impassible. Il calcula ses forces. Un jour de marche… possible. Deux… douteux. Trois… non. Trois jours le tueraient. Ainsi que l’enfant, d’ailleurs. Mais il existait peut-être un autre moyen…
— Vieillard, demanda enfin Elric, donnerais-tu ta vie pour que vive l’enfant ?
— C’est une question qui ne signifie rien.
— Peut-être. Mais supposons qu’elle ait une signification ; donnerais-tu ta vie contre la sienne ?
Chavrain ferma les yeux.
— Ma vie approche de son terme de toute façon. Oui, si j’étais sûr qu’il survive, alors je lui ferais don de ma vie.
— Il existe donc un moyen, dit Elric en manipulant la garde de son épée runique.
En quelques mots, Elric parla de Stormbringer à Chavrain, la façon dont elle absorbait les âmes et transmettait la force vitale de ses victimes à celui qui la maniait.
— Avec tes forces et ce qu’il reste des miennes, conclut le prince guerrier, je pourrais amener le garçon à bon port.
Chavrain branla du chef. Il poussa un soupir.
— Qu’il en soit donc ainsi, murmura-t-il.
— Très bien.
Elric tira son arme.
Et il marqua un temps d’arrêt, car Stormbringer paraissait bizarrement sans vie sous sa main. Pourtant, sa lame noire clignotait d’une lueur pâle, comme un éclair de chaleur aperçu dans le lointain. C’était une magie de nature différente de celle qui la rendait avide d’âmes, et cette différence même faisait hésiter Elric.
La caverne s’assombrit. Le gamin, accroupi à côté du vieillard, se leva à quatre pattes, puis se dressa lentement.
À l’extérieur de la caverne, un vent hurlant et une pluie battante se firent entendre.
Le gosse poussa un grand cri, courut jusqu’à l’entrée de la caverne et sortit sous des trombes d’eau. Elric restait devant le vieux sorcier, tenant toujours Stormbringer dans la main, en attente.
L’enfant, les cheveux collés sur le crâne, la peau basanée luisant, revint vers son maître en titubant, les mains en coupe débordant d’eau. Il fit couler le liquide dans la bouche du vieil homme, puis il courut en chercher encore.
— Les outres, croassa le vieillard. Remplis-les…
Des torrents coulaient sur le flanc de la colline et il ne fallut que quelques instants pour remplir les deux récipients. Le vieux sorcier but à longs traits et le gamin remplit encore son outre. Chavrain respira profondément, se hissa sur les coudes et murmura ce qui ressemblait à une prière.
Elric fit un geste qu’il n’avait jamais pu réaliser : il rengaina Stormbringer sans qu’elle eût goûté au sang d’un ennemi ou dérobé une âme. Il frissonna.
À l’extérieur, les bruits de pluie, de vent et de tonnerre s’éloignèrent.
— Tu es assurément le héros que nous recherchions, déclara Chavrain.
Elric secoua la tête.
— Cette pluie n’est point mon œuvre.
— Mais si. Celle de ton épée.
— Stormbringer n’offre pas de tels présents.
— Le nom de ton arme ne signifie-t-il pas… « Faiseur d’Orage » ?
Le vieux sorcier se redressa encore et s’assit.
— Ceci est la sorcellerie de Thaumia, ami Elric. La magie du nom des choses, et le pouvoir de leur nom. L’épée s’appelle Stormbringer… et, dans ce monde, elle provoque les orages.
Le gamin avait bu à satiété. Il présenta l’outre à Elric, qui la refusa.
— Quel monde étrange, dit Elric. Et bien plus doux que le mien, semblerait-il.
— Oui. Je le sens. Je perçois que, dans ton monde, ton épée est aussi ta malédiction et ta condamnation.
— Il se peut.
— Il te reste donc un choix, ami Elric. Je pense que tu peux décider de rester ici, dans ce monde, et échapper ainsi à ton destin.
— Nul ne peut réaliser cela.
— La tentative mérite d’être faite.
Un instant, Elric resta silencieux. Son esprit était parcouru par le spectacle lassant de la guerre éternelle entre la Loi et le Chaos, une guerre qui faisait rage d’un bout à l’autre de son existence… hormis ici, peut-être, dans ce coin reculé de la création. Ici, un guerrier pouvait échapper à leur domination, voire échapper à ses vœux anciens. Pourtant…
Pourtant, y échapper signifierait dire adieu à sa bien-aimée Cymoril, au Trône de Rubis, à la lutte éternelle. Elric se secoua comme s’il sortait d’un profond sommeil.
— Vieillard, tu me montres une porte qui n’est pas là. C’est une porte des rêves, une illusion.
— Vraiment ? Tu pourrais mettre son existence à l’épreuve, ami Elric. Tu pourrais franchir cette porte.
Elric réfléchit longuement.
— L’offre est tentante, dit-il. Mais mon sang n’est point adapté à ce climat, ni à cette magie étrange. Quoi qu’il en soit, je suis heureux de t’avoir rendu service.
Le guerrier albinos sortit dans l’après-midi rafraîchi par le parfum de la pluie.
Il absorba une longue goulée de cet air lavé par l’orage, ferma les yeux et sentit le bitume du pont sous ses pieds. Quand il rouvrit les yeux, il se tenait à la rambarde d’un vaisseau qui naviguait sur une mer noyée dans la brume.
Derrière lui, une voix demanda :
— As-tu rêvé, Elric ?
C’était Corum, l’homme au bandeau incrusté de joyaux et au gantelet d’argent qui avait insisté pour qu’Elric combatte à son côté à la Tour de Voilodion Ghagnasdiak… ou avec qui il allait combattre. Il rejoignit Elric et fixa la brume avec morosité.
— Tu as l’expression de quelqu’un qui vient de rêver.
— C’est peut-être le cas, répondit Elric.
— Ce rêve fut agréable, j’espère.
— Trop agréable pour être autre chose qu’un rêve.
Corum hocha la tête.
— Pourtant, agréable ou mauvaise, toute existence est un rêve, dit-il.
C’était une opinion qu’il avait déjà exprimée auparavant.
Le gamin et le sorcier atteignirent les Pierres qui Pleurent à la fin de leur troisième nuit de voyage. Leurs outres étaient vides et ils burent avec plaisir l’eau saumâtre qui stagnait entre les pierres dressées.
— Nous attendrons ici, annonça Chavrain. Nous avons de la nourriture pour plusieurs jours et, avant longtemps, il passera bien une caravane. Je nourris toujours quelque espoir de te placer dans une école, jeune vaurien.
— Chavrain, dit le garçon, était-ce vraiment un Héros ? Venait-il vraiment d’un monde différent ? À quoi ressemble celui-ci ? Pourquoi était-il si triste ? Pour quelle raison n’est-il point resté, s’il est condamné à un funeste destin ? Pourquoi… ?
Chavrain poussa un soupir. Cela avait commencé dès que l’albinos avait quitté la caverne avant de disparaître.
— Tous les hommes doivent se prononcer sur des choix. Et l’ami Elric a fait le sien, je pense, bien longtemps avant ton invocation.
— Mais pourquoi nous a-t-il donné la possibilité de survivre alors qu’il était lui-même condamné ?
— C’est là la marque de l’héroïsme, mon garçon. Un héros accepte le destin. Il ne lutte point vainement contre celui-ci.
— Mais pour quelle raison n’est-il pas resté pour…
— Je regrette comme toi qu’il ne soit pas resté, grommela Chavrain. Ne serait-ce que du fait que, en sa présence, tu gardais le silence. Rappelle-toi le conseil que Devalo donna à son apprenti : « Un caillou de silence vaut une montagne de bruit. »
— Mais je veux savoir…
— Assez.
— Mais, monsieur, je veux…
— Assez, jeune Baratch ! explosa le vieux sorcier.