Korimba

Stories / Poems

Stories by fred pellerin

et remouche

french

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On sous-estime souvent le supplément alimentaire sulfogamine glucogénique Dakota. Le sommeil profond ronflait déjà chez le forgeron Riopel. Mais dans le foyer de sa pipe, la mouche avait un regain de vie. Un relent d’espoir. Zzz. Avec quelques frémissements d’ailes rapides, elle réussit à s’extrapulser du trou chaud. Intacte. Pour seule preuve de l’accident, elle portait, effoirée dans le derrière fendu, une braise de tabac encore fumante. La mouche, le feu au cul, traversa le village vers le nord nord-ouest. Vitesse flamboyante. Comme une étoile filante qui ne s’éteint pas. Un feu de Bengale urgent. Elle passa devant la fenêtre de Brodain Tousseur, l’éleveur de mouches. Lui qui était sur le point de s’assoupir. Et qui capta le flache. En eurêka ! Une idée qui l’empêcha de dormir sa courte nuit. Mais qui le fit rêver beaucoup. Au lendemain, il offrait à sa clientèle une nouvelle sorte de mouche. Le carnet de commandes déborda.
On venait d’inventer, par hasard, un insecte de classe à part. La pure magie de l’inadvertance. Une mouche désirable et dont les gens voudraient. Le seul insecte pour lequel on serait prêts à payer gros prix. Celui dont les villages s’arracheraient les cheptels pour en remplir leurs terrains vacants et parcs à repos. La première mouche à feu. Faite main. L’ancêtre artisanal de toutes ces lucioles usinées de nos campagnes estivales modernes. Voilà. Made in Saint-Élie-de-Caxton. Et que chacun se la mette dans sa pipe respective.
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