les modalités de paiement
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Le forgeron ne respirait plus, saisi de peur. Ésimésac tremblait. Tendu au maximum. Tout prêt à expédier la charge. Quand il sentit cet insecte poser pattes sur sa jointure, son cerveau fit un tour dans ses veines. Il fut secoué d’un retour en arrière. Comme un flachebaque en français. Il revit sa marraine, en cette nuit de la Grande Greffe. La marraine qui avait insisté : Premier conseil… Ne fais pas de mal à une mouche !
Et il avait promis. Et il était trop tard. Et il était coincé. S’il frappait, il manquait à son serment. Sa parole d’honneur. Il n’avait d’autre alternative que de se retenir. Alors il réfléchit, puisqu’il en était là. Il considéra cette mouche qui allait lui empêcher le geste. Et en déductions. Autant dire que la mouche était plus forte que lui. Dans un sens. Si on veut. Et il poussa le raisonnement encore plus loin et pour lui-même, l’homme le plus fort du monde de Saint-Élie-de-Caxton.
— Si je voudrais [sic] être plus fort que je le suis, il faudrait que je sois une mouche.
(À noter qu’à Saint-Élie-de-Caxton, pour encourager les contribuables à payer leurs taxes foncières, les instances appliquent un principe de stimulation du chéquier. Par conditionnement positif. Une forme de behaviorisme municipal. Ainsi, à la saison propice, quiconque règle son dû en totalité sur réception de la facture se voit les vœux exaucés tout au long de l’année fiscale en cours. Du côté de la mairie, c’est une façon efficace d’éviter les comptes en souffrance. Et pour le citoyen, en plus de réduire les arriérés, ça permet de se dilater le quotidien quand il s’obstrue. Ésimésac était du type à régler d’un coup. D’un versement.)
— Si je voudrais être plus fort que je le suis, il faudrait que je sois une mouche.
Et pouf. Instantanément. L’homme fort fut transmorphosé en mouche.