Korimba

Stories / Poems

Stories by fred pellerin

la délivrance

french

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On la connaissait comme une femme forte. Une femme de caractère. Confiante et endurcie. Enceinte depuis quinze ans. Elle patientait. D’une capacité de rétention à toute épreuve. D’ailleurs, après tant d’années de grossesse, elle fendait de se retenir. La finition fœtale achevée depuis longtemps. L’enfant naîtrait pubère. Au minimum. Rendue fendue à tel point qu’elle devait même se tirer des joints d’étanchéité pour ne pas crever. Des eaux. Et les cancans allaient bon train. Les échos graphiaient des pronostics élastiques. On lui prévoyait une portée. On verrait bien. Et si alors ça ne tenait pas de plusieurs ovules, ça promettait d’une énorme. D’une tout une. Abondante. Tellement de plénitude accumulée qu’on la perdait de vue derrière son ventre. Mais elle s’acharnait. Elle attendait son homme. Avant de mettre bas.
Et il revint comme promis. Le père. Le soulagement quand elle se laissa en proie au déboulage. L’enfant naquit par végétarienne. Parce que trop en viande. Il jaillit comme une surprise que l’on ne supporte plus d’espérer. Un cadeau dont l’emballage ne suffit plus à enrober. Trop longue gestation. Et la propulsion. Le bruit de ses entrailles. L’accouchement projeta le nouveau-né directement chez le docteur. Le docteur qui taillait sa haie. À qui il suffit d’un coup de cisailles en biseau de travers pour ombriliquer la chose. Clic.
C’était un beau gros garçon. On voulut l’appeler Zim, parce qu’on avait épuisé jusqu’au Y pour la multitude des aînés. Puis on extensionna pour se donner une forme prénoménale. Il fallut consonner avec modération. Le baptême fut consommé, de gouttes d’eau bénite et de simagrées d’amen. Le quatre cent soixante-quatorzième, le véritable dernier mais non moindre poupon de cette famille s’inscrivait dans l’histoire : Ésimésac.
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