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Stories / Poems

Stories by fred pellerin

le feu

french

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Le climat surprend, mais le vent a ceci de stable, malgré tout ce que la météorologie actuelle donne à croire, qu’il obéit à la girouette. S’il est une chose dont on peut être certains, elle réside dans le vent. Le seul qui suit sans faille la direction donnée. Cette fois-là encore. Il prit le pas dans le sillon du clocher. Et il venta vers ailleurs, pour une première historique. Suivant ce gouvernail que le capitaine Gélinas braquait à reculons.
— Changez de côté, vous vous êtes trompés.
Le feu reprit sa direction d’origine incontrôlée. Il alla mourir là où il était né, emportant avec lui tout ce feu fou.
Saint-Élie-de-Caxton fut épargné. Les gens de Saint-Mathieu-du-Parc en furent les premiers étonnés. Eux qui étaient déjà à se reconstruire. Entrepreneurs optimistes. Égoïnes et marteaux en branle. Ils furent rerasés aller-retour. Ils en gardèrent bien une petite rancune pendant quelques mois, mais notre conseil municipal plaida la légitime défense. Et puis tout s’effaça. Même l’odeur du feu dans les vêtements. Tout sauf la suie dans les mémoires. Là où les grandes noirceurs s’incrustent le mieux. Ésimésac fut honoré du pompier malgré soi.
Depuis ce jour, à Saint-Élie-de-Caxton, on distingue bien les forces. Ma grand-mère disait que s’il y a celle qui éteint les feux, il y a l’autre, plus grande encore, qui fait tourner les vents.
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